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  • Difficultés scolaires et haut potentiel : un paradoxe ?

    Nos préconceptions et préjugés nous font croire qu’un enfant à haut potentiel excellera à l’école et s’y épanouira pleinement.  Cela certainement car nous associons la réussite à l’école principalement aux compétences intellectuelles, à « l’intelligence ».  Or les compétences logiques, de raisonnement, de compréhension ne représentent qu’une infime partie des compétences en jeu à l’école  !  Les habilités sociales (compétences relationnelles), la capacité à réguler et gérer ses émotions, la capacité à se contrôler et maitriser ses comportements, la motivation, le désir d’apprendre sont clefs pour trouver sa place au sein du groupe-classe et investir sereinement et positivement l’école !

    Certains élèves à haut potentiel sont en réelle souffrance à l’école et ont beaucoup de mal à s’adapter au cadre scolaire et à répondre aux exigences académiques.  Aussi, la scolarité de l’enfant intellectuellement précoce peut tout à fait être vécue de façon normale ou bien devenir pour un véritable cauchemar.

     

    Nous accompagnons régulièrement chez Psyadom des élèves suite à différentes préoccupations et observations du corps enseignant : l’enfant est inattentif en classe, dans ses pensées, distrait, il a des difficultés relationnelles avec ses camarades, ne s’intègre pas, il « a du potentiel » et pourtant ses résultats sont faibles …   Nombre d’élèves à haut potentiel présentent ces difficultés.   Ces fragilités peuvent être interprétées à tort comme un déficit d’attention, un manque de bonne volonté …

    Or l’enfant intellectuellement précoce peut se retrouver en difficultés à l’école pour plusieurs raisons :

    • Tout d’abord, à cause de l’ennui : les enfants précoces réfléchissent rapidement et font spontanément de nombreux liens entre les connaissances nouvelles et antérieures. Cela leur permet souvent de mémoriser et de comprendre beaucoup plus vite que leurs camarades.  Ainsi, nombre d’enfants précoces trouvent que le rythme des apprentissages à l’école n’est pas assez rapide.  Ils s’ennuient.   C’est pourquoi ils se dispersent, s’agitent ou au contraire se réfugient et se perdent dans leurs pensées.  Imaginez-vous, adulte, assister à un cours de CP.  Vous risquez rapidement de vous ennuyer, de vous sentir frustrés par le rythme inadapté (trop lent) d’apprentissage.  Rapidement, vous allez « décrocher », regarder par la fenêtre, tenter de vous occuper en explorant vos affaires, votre sac, votre trousse ; vous serez tentés de bavarder avec votre voisin ; ou de dessiner ; ou de vous évader dans vos pensées.

     

    Les adultes confondent parfois ces comportements avec un manque d’attention (faisant évoquer à tort un trouble déficit de l’attention avec hyperactivité).  D’autres attribuent ces comportements à un manque d’éducation, à de l’insolence, à de la nonchalance.    L’élève est puni, parfois même, un redoublement, une exclusion, une ré-orientation scolaire est envisagée car l’élève est jugé insuffisamment mature, il n’investit pas assez son « métier d’élève » pour passer dans la classe supérieure.

    • Deuxièmement, un manque d’efforts par rapport aux apprentissages : souvent, l’enfant intellectuellement précoce n’a pas eu besoin de faire beaucoup d’efforts pour apprendre à lire, à compter ou bien pour comprendre l’addition et la soustraction. Il apprend ces notions implicitement, sans avoir à s’étayer sur les explications de l’enseignant et sans avoir à fournir d’efforts. Arrivé à un certain niveau scolaire, un très bon potentiel intellectuel ne suffit plus pour assimiler les connaissances. Des efforts d’organisation des idées (planification, synthèse, hiérarchisation) et de résolution de problème sont nécessaires.  Le courage et l’auto-discipline deviennent également essentiels face à une charge de travail accrue qui ne peut être assimilée implicitement et rapidement. La plupart des élèves assimilent ces méthodes et cette discipline lors de la primaire, grâce au travail et à l’écoute attentive des explications des enseignants.  Mais celui qui apprend « comme par magie », sans avoir à écouter l’enseignant, sans avoir à réfléchir aux étapes à respecter pour trouver un résultat n’assimilera pas ce savoir-faire.   Son bagage de stratégies d’apprentissage et de méthodologie est faible, il n’a pas les manuels pour répondre aux exigences du collège ou du lycée.  Car c’est face à la difficulté et dans l’effort que l’on développe de nouvelles stratégies de travail.  L’apprentissage implicite, « comme par magie » ne permet pas d’enrichir ses méthodes de travail.  L’élève à haut potentiel peut alors se retrouver perdu lorsque le rythme scolaire devient plus chargé et que les notions abordées demandent plus de travail et de techniques pour être assimilées.

     

    • Le besoin de méthodologie : Ainsi, ces jeunes à haut potentiel nécessitent un enseignement explicite des méthodologies de travail. Il est pertinent, à notre avis, d’associer cela à un travail métacognitif : l’amener à prendre conscience de son fonctionnement cognitif et de ses particularités.  Cela peut être soutenu par quelques bribes de neuro-éducation : lui transmettre quelques connaissances neuroscientifiques issues des travaux de recherche sur le haut potentiel.  Lui demander de faire des liens entre ces connaissances théoriques et les difficultés qu’il rencontre au quotidien.  A partir de là, lui demander de lister les difficultés qu’il rencontre et avec lui essayer d’élaborer des stratégies de travail pertinentes.  Ces élèves sont curieux, en recherche de sens !  Par expérience, ils sont tout à fait friands et sensibles à cette approche neuro-éducative.   Ce travail métacognitif va leur permettre de mobiliser correctement leurs savoir-faire et de les mettre au service des apprentissages scolaires.

     

    • La dyssynchronie : beaucoup d’enfants intellectuellement précoces ont un développement hétérogène. On parle alors de profil « complexe ».  Leurs compétences langagières, d’abstraction, de raisonnement sont bien souvent supérieures à la moyenne des enfants de leur âge alors qu’ils peuvent être en difficultés dans d’autres domaines.  Il s’agit notamment de l’écriture qui est souvent irrégulière, parfois peu lisible.  Certains ont du mal à investir l’écrit, se plaignent d’écrire trop lentement (d’autant qu’ils pensent très vite ! Le stylo ne suit pas le rythme de la pensée !).

     

    De par leur grande sensiblité, ils sont parfois en proie à de grandes angoisses et à une grande susceptibilité et cherchent la réassurance de l’adulte. Ils peuvent paraître immatures affectivement.    L’écart entre leur niveau de raisonnement et leur développement affectif peut induire de la souffrance chez ces élèves.   Leur grande sensiblité, leur intolérance face à l’injustice, leur susceptibilité et leurs centres d’intérêts souvent éloignés de ceux de leurs camarades peuvent les mettre en difficultés socialement.  Ils ont parfois du mal à trouver des camarades qui leur ressemblent, des copains avec qui partager leurs centres d’intérêts.  Ils réagissent parfois excessivement en raison de leur grande sensibilité.  Tout cela les tient à l’écart, ils se plaignent souvent de se sentir bien seuls.  Dans les cas les plus graves, cela peut donner lieu à de véritable refus scolaires anxieux (phobie scolaire).  Prenant peu de plaisir dans les apprentissages enseignés à l’école et se sentant exclus par leurs camarades, ils développent peu à peu des stratégies d’évitement visant à les tenir à distance de l’école et à les protéger de ce vécu douloureux.

    En conclusion :

    A l’école, les capacités des enfants à haut potentiel peuvent se voir détériorées au fil du temps si l’environnement ne leur permet pas d’avancer à leur vitesse ou ne respecte pas leur mode de fonctionnement. Cela engendrera ennui, inattention, désinvestissement scolaire …. Certains ne se concentreront que sur ce qu’ils jugent suffisamment intéressant.  Leur entourage s’étonnera que l’élève a de bons résultats sur les tâches difficiles et complexes alors qu’il échoue lors de contrôles simples.  Son attitude peut donner l’impression que l’élève n’aime pas apprendre.  Bien au contraire ! Ces élèves sont avides de nouveautés et d’apprentissages mais ont parfois simplement besoin d’être plus stimulés !

    Ainsi, certains élèves à haut potentiel présentent des difficultés à l’école.  Pas tous, bien au contraire ! Une grande partie s’en sort très bien ! Souvent, ceux-ci sautent des classes, leur permettant de ne pas s’ennuyer et surtout de se sentir stimulés et challengés à l’école.  D’autres sont en sport étude ou autre scolarité aménagée, leur permettant de s’épanouir dans d’autres domaines que ceux traditionnellement enseignés à l’école.

    Mais d’autres enfants à haut potentiel nécessitent des systèmes éducatifs adaptés qui les aideront à exploiter leur potentiel, et surtout à s’épanouir et à prendre plaisir aux apprentissages.  Quelques classes pilotes se développent en ce sens à l’éducation nationale.

    Il est donc important de souligner qu’un enfant à haut potentiel peut avoir des difficultés scolaires, qui n’enlèvent en rien à son extra-ordinaire potentiel !  Il est essentiel d’être attentif et sensibilisé au vécu parfois complexe de ces élèves, parfois source de grandes souffrances.

     

    Article rédigé par Béatrice Navarro, neuropsychologue et par Camille Benoit, fondatrice de Psyadom.com.

    Crédit image : Unsplash.

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  • L’organisation du travail scolaire et des révisions.

    temps

    Pourquoi s’organiser ? 

    L’organisation est essentielle pour gagner en efficacité dans son travail scolaire. Organiser son travail scolaire nécessite certes d’investir du temps au départ, mais pour finalement optimiser son emploi du temps. En effet, une bonne organisation a de multiples bénéfices :

    • Réviser sans stress
    • Se donner le temps de revoir plusieurs fois les mêmes points (ce qui facilite grandement le travail de mémorisation)
    • Avoir la possibilité de demander de l’aide aux professeurs si une leçon n’est pas comprise
    • Eviter d’être débordé
    • Lutter contre la procrastination
    • Etre sûr de soi le jour de l’examen

    La régularité du travail est l’essentiel de l’organisation. Pour cela, l’utilisation de planning facilite la répartition équitable du travail. Différents types d’outils peuvent être créés.

     

    Les “to do lists”

    Les “to do lists” sont très efficaces pour les élèves de primaire jusqu’aux études supérieures. Ces listes ont pour but de nommer clairement toutes les tâches à faire suivant les matières, tout en déterminant le temps nécessaire à sa réalisation. Cet outil favorise une organisation journalière. Les to do lists permettent de :

    • faire prendre conscience des activités à réaliser
    • segmenter les tâches
    • étaler les tâches dans le temps (to do list étalée sur la semaine)
    • délimiter son temps de travail préalablement déterminé
    • éviter la procrastination du fait d’un but clairement déterminé
    • travailler toutes les matières
    • éviter les oublis
    • renforcer la satisfaction du devoir accompli (en cochant ou rayant la tâche faite)
    • réduire le stress face à la quantité de travail à faire (l’élève perçoit plus facilement son avancée).

     

    Todolist

    Dans un premier temps, l’élève doit prendre conscience du temps qu’il passe à
    réaliser une tâche en fonction de sa nature (exercice de maths, leçon d’histoire, rédaction …). Une bonne évaluation du temps est primordiale pour réaliser ces to do lists. Pour cela, il est conseillé de se chronométrer lors de ses devoirs, afin de prendre conscience du temps nécessaire pour la réalisation d’une tâche et d’estimer au mieux par la suite le temps nécessaire pour effectuer ses devoirs, réviser une leçon …

    Ensuite, la construction d’une to do list nécessite de diviser chaque devoir en sous-étapes et de déterminer le temps nécessaire pour la réalisation de chaque étape. Des tranches horaires de 30 minutes sont privilégiées. Pour les élèves de primaire, les devoirs peuvent même être segmentés en séquence de 10 minutes. Chaque tranche de travail est suivie d’une pause, qui doit être notée dans la to do list. Les pauses sont de 5 minutes, pas plus. L’élève peut se dégourdir les jambes, s’hydrater. Il faut éviter les écrans (réseaux sociaux, jeux vidéos, etc.) pendant la pause car il est ensuite difficile de “décrocher” pour se remettre au travail.

    Un code couleur peut être utilisé afin de distinguer les tâches les plus urgentes, les tâches longues ou difficiles et celles rapides ou faciles à réaliser.

     

     

    Dans tous les cas, l’élève commencera par réaliser les tâches urgentes. Ensuite, en fonction des élèves, il pourra commencer par les tâches faciles (pour se mettre en confiance) avant d’entamer les tâches difficiles. Il est conseillé d’alterner tâches faciles et tâches difficiles du fait de la fatigabilité engendrée par les tâches difficiles.

     

    organisation planning

    Les plannings hebdomadaires, mensuels et trimestriels

    Des plannings permettant de répartir des quantités de travail plus importantes sont utiles pour les élèves à partir du collège. Pour les élèves et les étudiants en préparation à des examens (brevet, bac, concours, partiels), l’organisation via des plannings mensuels et trimestriels permet de gérer les révisions sans stress et d’éviter le travail de dernière minute. Évidemment, des imprévus sont susceptibles d’apparaître lorsque l’élève se projette sur du long terme et il est donc important de se laisser toujours une “marge d’erreur” avec du temps supplémentaire réparti de manière équilibrée. L’élève doit également réfléchir à l’utilisation d’un code couleur adapté (en fonction du type de travail et de la difficulté par exemple).

    Planning  SEMAINIER

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Article rédigé par Léa Jones, psychologue.

    Crédit image : Icon made by Freepik from www.flaticon.com

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  • Relaxation, cohérence cardiaque et méditation en pleine conscience.

    Qu’est-ce que la relaxation ?

    Les techniques de relaxation visent la réduction du stress et un état de détente psychique et corporel. Sur le plan physiologique, lors d’un état de stress, le système nerveux sympathique s’active, ce qui va générer entre autre une tension musculaire et une accélération du système cardiaque. Utiliser les techniques de relaxation permet alors d’activer le système nerveux parasympathique, antagoniste au premier système et utile pour retrouver un état de détente et de repos (décontraction musculaire, ralentissement du rythme cardiaque, etc). L’objectif premier de la relaxation consiste alors à développer la capacité de ralentissement de l’activation du corps. La pratique régulière de la relaxation accroît la capacité de retour au calme chez l’individu. Bien souvent, ces techniques utilisent le ralentissement du rythme respiratoire : le corps reçoit alors un message contraire à l’état de danger dans lequel il se trouve et le ralentissement de la respiration induit un ralentissement physiologique général, accompagné d’un apaisement.

    Il existe différentes techniques de relaxation. Parmi les relaxations dites “profondes”, les deux méthodes principales et plus connues sont :

    • Le training autogène de Schultz : Technique permettant d’apprendre à se relaxer soi-même dans le but d’atteindre une réduction des tensions et du stress. Cette méthode est basée sur l’auto-suggestion, c’est-à-dire que le sujet apprend à ressentir des sensations particulières dans son corps par la répétition mentale de phrases (par exemple : “mon bras droit est très lourd” pour ressentir et diffuser la sensation de pesanteur dans les différents membres du corps). Le training comprend différentes phases à incorporer au fur et à mesure de l’entraînement à cette méthode : l’induction de sensations de pesanteur, de chaleur, de battements cardiaques, de mouvements respiratoires et de fraîcheur du front.

     

    • La relaxation progressive de Jacobson : Technique basée sur la perception des sensations suite à la contraction et à la décontraction musculaire partie par partie du corps : le sujet contracte d’abord tout le groupe musculaire de la jambe droite par exemple puis lors de la décontraction musculaire il cherche à ressentir et à apprécier la sensation de relâchement de cette partie corporelle. L’exercice se poursuit ensuite avec la contraction-décontraction d’un autre groupe musculaire, jusqu’à ce que tout le corps soit entièrement relâché et détendu. Dans le livre d’Eline Snel “Calme et attentif comme une grenouille”, cet exercice de contraction et décontraction musculaire est proposé aux enfants sous le nom de “L’exercice du spaghetti”, en référence à la rigidité du spaghetti cru qui devient très mou après la cuisson, métaphore qui illustre le changement corporel induit par cette technique de relaxation.

     

    Enfin, il existe différentes techniques de relaxation dites “rapides” :

    • La relaxation abdominale : Respiration lente, longue et profonde dont l’inspiration provient du ventre et non de la cage thoracique (le ventre se gonfle à l’inspiration et se dégonfle à l’expiration).

     

    • La respiration au carré : Exercice de respiration en quatre phases de durée égale (6 secondes par exemple) commençant par une inspiration, une rétention du souffle en poumon plein, une expiration puis une rétention du souffle en poumon vide et ainsi de suite.

     

    Qu’est-ce que la cohérence cardiaque ?

    La cohérence cardiaque vise à modifier le rythme cardiaque par le contrôle respiratoire. L’objectif est de créer un équilibre entre les deux systèmes nerveux sympathique et parasympathique : lorsqu’on inspire, le système sympathique s’active et lorsqu’on expire le système parasympathique prend le relai. Or, le rythme cardiaque est naturellement irrégulier. La cohérence cardiaque permet alors un retour à l’équilibre de ces deux systèmes grâce à une modification de son rythme respiratoire. Pour cela, cette technique préconise une respiration lente et profonde, à un rythme régulier de 6 respirations par minute. Pour que les bénéfices émergent (baisse du rythme cardiaque, diminution de l’anxiété, meilleure résilience au stress, meilleure capacité de gestion des émotions …), les exercices doivent se pratiquer durant 5 minutes trois fois par jour.

    Qu’est-ce que la méditation de pleine conscience ou mindfulness ?

    La méditation de pleine conscience désigne le fait de porter son attention à un moment donné de façon intentionnelle sur un point précis avec bienveillance et sans jugement. Il s’agit d’être pleinement conscient du moment présent, de sa perception du monde, de ses sensations corporelles, de sa respiration.

    La mindfulness peut se pratiquer de manière formelle à travers différents exercices comme le balayage corporel ou Body scan, les mouvements conscients. Le Body scan consiste à porter attention à chaque partie de son corps, l’une après l’autre, et à observer les sensations présentes (sensation de contact de la peau avec les vêtements, sensation de fraîcheur ou de chaleur, sensations désagréables, douleurs …). Les exercices de mouvements conscients allongés ou debouts sont des postures issues du Yoga, réalisées dans la pleine conscience de son corps en mouvement.

    La pleine conscience peut également se pratiquer de manière informelle dans la vie quotidienne, c’est-à-dire être pleinement présent dans les moments de la vie de tous les jours (par exemple, réaliser des tâches quotidiennes ou simplement marcher en pleine conscience). En effet dans la vie quotidienne, nous sommes généralement peu conscient de l’instant présent ; nous ruminons des événements passés ou anticipons le futur, tout en faisant deux voire trois choses à la fois. Ce mode de vie crée un stress plus ou moins latent. La pleine conscience favorise le calme intérieur.

    La méditation de pleine conscience permet également de se déconnecter de ses pensées, qui peuvent être envahissantes lors de la présence d’émotions fortes, et de réduire les ruminations mentales. Le sujet, pleinement conscient, développe une meilleure perception de ses processus internes et peut alors choisir de ne pas suivre le cours de sa pensée qui alimente ses émotions. Par ailleurs, lorsque le sujet se concentre sur sa respiration ou sur ses sensations corporelles, son focus attentionnel n’est plus ou en tout cas moins dirigé vers ses pensées.

    Quelles sont les différences entre ces trois techniques ?

    La relaxation et la cohérence cardiaque cherchent à modifier l’activation du système nerveux. Cependant, alors que la relaxation a pour objectif de réduire le système nerveux sympathique et donc de créer un état de relâchement musculaire, la cohérence cardiaque cherche un équilibre entre les deux systèmes sympathique et parasympathique. Contrairement aux techniques de relaxation qui visent l’état de détente, la méditation de pleine conscience ne vise pas d’objectif physiologique précis, dans le sens où la finalité de la pratique est simplement d’être en pleine conscience. La méditation de pleine conscience n’a pas de visée de changement de l’état corporel, tandis qu’à travers la relaxation le sujet recherche une décontraction musculaire. De plus, la pleine conscience peut se pratiquer à n’importe quel moment de la journée par l’observation consciente de ses sensations corporelles, alors que la relaxation nécessite un environnement propice pour trouver l’état de détente.

    Les trois techniques peuvent induire un état de relaxation et de détente, mais seule la relaxation vise cet objectif en premier lieu.

    Pourquoi utiliser ces techniques en tant qu’élève ou étudiant ?

    Les notes scolaires, les attentes des parents et/ou des professeurs ou encore l’orientation scolaire et professionnelle engendrent une anxiété plus ou moins importante chez les élèves. Se confronter à la difficulté et à l’échec peut également générer une frustration difficile à contrôler, ce qui peut entraîner un abandon de la tâche, des conflits entre parents et enfant notamment durant le temps des devoirs ou simplement un long retour au calme.

    Lorsque des émotions fortes négatives ou positives (anxiété, tristesse, colère, frustration ou même état d’euphorie) sont présentes, notre corps est beaucoup moins disposé à se concentrer, à comprendre et à mémoriser. La méditation de pleine conscience facilite la régulation émotionnelle et permet d’accepter la présence d’émotions désagréables, les rendant moins envahissantes, et permettant à l’élève de rester disponible psychiquement et émotionnellement pour apprendre.

    Par ailleurs, prendre conscience de son état émotionnel est primordial pour gagner en temps et en efficacité dans son travail scolaire. Les techniques de relaxation peuvent alors amener un état de calme et de détente propice aux apprentissages. La pratique régulière de la relaxation permet également une meilleure gestion émotionnelle, ce qui peut être alors très utile lors d’un contrôle, d’une période d’examens ou d’oraux.

    Enfin, la mindfulness développe les capacités attentionnelles. En effet, la pratique de la méditation de pleine conscience entraîne le focus attentionnel et la capacité de résister à la distraction. Ces capacités sont bien évidemment nécessaires aux apprentissages, en classe comme durant les devoirs ! La méditation de pleine conscience a donc un effet positif sur les performances scolaires.

    Ainsi, pour retrouver le calme en soi, pour mieux gérer son anxiété, pour apprendre à mieux se concentrer ou tout simplement pour développer un sentiment de bien-être psychologique, la méditation de pleine conscience et les techniques de relaxation sont fortement utiles et agissent de manière complémentaire.

    Comme toute pratique, cela demande de l’entraînement et une régularité afin que des bénéfices apparaissent. La pratique de ces techniques vise à améliorer l’hygiène de vie.

    Chez Psyadom, nous accompagnons l’élève dans sa globalité, sur le plan cognitif et émotionnel.  Ces techniques de relaxation et de méditation peuvent être pertinentes en début de séance, afin de permettre à l’élève d’être disponible intellectuellement et émotionnellement pour apprendre ou en cours de séance, lors d’une tension ou recrudescence anxieuse engendrée par la frustration ou par la crainte d’échouer. Également, ces outils peuvent être transmis afin que l’élève puisse gérer d’éventuelles angoisses de performance en situation d’examen, d’interrogation orale ou à bien d’autres moments de sa scolarité et de sa vie personnelle.

    Quels outils utilisés ?

    Tout d’abord, afin de favoriser les bénéfices de ces deux techniques, il est important de pratiquer dans un environnement calme et d’adopter une position du corps adaptée. La position assise est privilégiée afin de faciliter la respiration, mais certains exercices peuvent être réalisés allongés (par exemple, l’exercice du Body scan).

    Pour la relaxation :

     

    • La pratique du Yoga.
    • Mon cours de relaxation pour les enfants (S. Couturier).

     

    Pour la cohérence cardiaque :

    • Applications pour la cohérence cardiaque : Feel, RespiRelax, Ma Cohérence Cardiaque.

     

    Pour la méditation de pleine conscience :

    • Pour aller plus loin : les programmes MBSR et MBCT auprès d’instructeurs formés à la pleine conscience.

     

    * Outils adaptés pour les plus jeunes enfants

     

     

    Article rédigé par Léa Jones, psychologue.

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  • La chronique du prof : « le départ ».

    Ce titre surprendra les gens n’appartenant pas au peuple des écoliers. Mais il exprime parfaitement ce qu’est un début d’année scolaire – cette première semaine de septembre vieille comme nos arrières-arrières-grands-parents : le départ d’un voyage au long cours, d’une circumnavigation longue et hasardeuse, comme l’étaient les voyages de découverte aux époques de Colomb, Magellan, Verrazano…

    Toutes les conditions sont réunies pour donner l’illusion d’une reconstitution historique, lorsque les parents abandonnent leurs moussaillons sur les quais du collège, les couvrant de recommandations et tendresses comme s’ils ne devaient plus les revoir avant longtemps. Les enfants, pour leur part, selon leurs personnalités, tremblent comme des feuilles à l’idée des monstres marins qui les attendent, ou fanfaronnent déjà, en se constituant ou reconstituant la coterie avec laquelle ils iront amasser des trésors d’expériences, plus ou moins approuvées, jamais inutiles, dans le monde dangereux des requins du XXIe siècle.

            Les profs figurent la bande des officiers, ressemblant, dans leurs transports de questionnements et de jovialité, à l’équipage des élèves – avec ces quelques détails en plus, qui font la barrière entre ceux qui doivent commander, pour leur malheur, et ceux qui doivent obéir, pour leur bien… Tenues soignées, équipements déjà complets, impeccables, regards assurés et scrutateurs sur la foule fiévreuse, conscients des sursauts de la fortune qui guettent le voyage avant même qu’il ait commencé.

    A l’autre bout de la chaîne de responsabilités, les élèves n’ont que leurs caractères plus ou moins trempés, leur ignorance plus ou moins solide, pour entrevoir quelque perspective rassurante, dans le grand bain où ils se trouvent plongés : retrouver les copains, certaines habitudes, sortir de l’ennui des vacances.

    Si, si, je vous assure, pour beaucoup de graines d’aventuriers, les vacances sont d’un ennui comparable au pot-au-noir dans lequel les voiliers peuvent avoir la malchance de tomber à la sortie du Golfe de Gascogne : absence de vent, calme plat, qui fait que des jours de vie, potentiellement passionnants, sont à jamais perdus dans l’attente que quelque chose se passe.

            Facile, dans la troupe bigarrée des matelots et -otes en passe d’embarquer, de cerner la physionomie générale des individus et des groupes : qui seront les pirates, les bons soldats, les mercenaires indisciplinés, les intellectuels et artistes du bord, les colons avec leurs familles de copains aux côtés.

    A cet âge, les genres étant distribués, en apparence, de façon caricaturale, mais dans le fond, pas si nette que ça, on trouve des équivalents féminins à tous les types masculins énumérés, et inversement pour les stéréotypes suivants : la comtesse, la couturière, la nourrisse, la comédienne, la cuisinière du bord. Ainsi, dans le temps, on trouvait principalement des hommes à ce poste, les « cuistot » – car emmener les femmes portait malheur (sic) –, dont on découvre l’avatar scolaire sous les traits bien-en-chair d’un gamin rigolard, au milieu d’un groupe auquel il raconte ses vacances d’une façon apparemment impayable.

            Il y a aussi les petites choses, perdues, aux teints diaphanes, aux grands yeux mouillés, presque noyés, qui semblent les éléments d’un service de porcelaine, dans un magasin d’antiquités où l’on aurait introduit un éléphant en furie.

    Mais si le passage dans le grand bain est toujours difficile, que les armateurs parentaux se rassurent, leurs petits explorateurs sont toujours équipés de bouées de sûreté, qu’on finit par leurs enlever, au moment où l’on est bien sûr qu’ils ne s’en rendront pas compte.

    Il y a toujours des naufrages, mais heureusement, à cet âge-là, on a encore plusieurs vies devant soi. »

    Article rédigé par Jean-Baptiste Veber.

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    Retrouver « la chronique du prof » et plus sur le blog de Jean-Baptiste Weber :

    http://leonbellevalle.blog.lemonde.fr

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  • J’ai découvert la méthode Multimalin.

    Au détour d’une recherche sur l’imagerie mentale, j’ai découvert il y a quelques mois la méthode MULTIMALIN de Matthieu Protin.  D’emblée, cette méthode m’est apparue comme une solution pour les élèves dans l’impossibilité d’apprendre leurs tables de multiplications.

    Nombreuses sont les raisons qui sous-tendent cette impossibilité.  En effet, l’apprentissage des tables sollicite plusieurs fonctions cognitives : l’attention, la mémoire de travail, le sens du nombre, ainsi que  les compétences visuo-spatiales (du fait de la présentation des tables sous forme de tableaux).  Comme tous les apprentissages, la mémorisation des tables requiert également un investissement favorable du travail scolaire, une capacité à faire avec l’échec et avec la frustration, d’autant que cet apprentissage est souvent laborieux et implique d’être répété de nombreuses fois afin d’être retenu durablement.

    Aussi, les élèves en mal de confiance, en difficulté pour investir les apprentissages, ou ceux présentant une dyscalculie, une dyspraxie visuo-spatiale, un trouble de l’attention ou un trouble des fonctions exécutives peuvent être particulièrement en difficulté pour apprendre leurs tables.

    A force d’efforts non récompensés par un apprentissage efficient, l’élève, ses parents et son enseignant s’épuisent tous ensemble et bien souvent baissent les bras.

    Pourtant, il existe d’autres stratégies pour apprendre les tables de multiplication et notamment la méthode MULTIMALIN.  Cette méthode vivante, imagée, sollicite l’engagement actif des élèves de part son aspect ludique.  Ceci permet une meilleure mobilisation de l’attention et donc une mémorisation plus efficace.  De plus, cette méthode ne fait pas appel au sens du nombre et aux compétences visuo-spatiales (qui gênent dyscalculies et dyspraxiques).  MULTIMALIN fait appel à l’évocation d’images mentales et à la narration : il ne s’agit pas de se représenter les nombres mais d’imaginer et de se raconter une histoire qui permet astucieusement de retenir ses tables.

    Ainsi, même pour ceux en guerre contre les mathématiques et la logique, l’apprentissage des tables est possible!

    Nous avons donc proposer cette stratégie à plusieurs des élèves que nous accompagnons chez PSYADOM.  Le constat est triplement positif :

    • cette méthode favorise l’engagement actif et l’attention des élèves,
    • cette méthode permet de retrouver le plaisir d’apprendre,
    • cette méthode offre une solution efficace aux élèves en difficulté dans l’apprentissage de leurs tables, restaurant ainsi la confiance qu’ils ont dans leurs capacités.

     

    Matthieu Protin, créateur de MULTIMALIN :

    Matthieu Protin a commencé sa carrière comme maître des écoles, dans une classe de CM1-CM2.  Dans ce cadre, il a rencontré plusieurs élèves ne parvenant pas à mémoriser leurs tables.  Il a été d’autant plus concerné par ces élèves que lui même avait été en grande difficulté pour les apprendre.

    Se souvenant d’un reportage TV qui l’avait marqué plus jeune, lequel présentait les championnats du monde des athlètes de la mémoire, il eu l’idée de proposer une méthode innovante pour apprendre les tables de multiplication.  L’un de ces athlètes témoignait avoir eu un parcours scolaire difficile du fait d’une dyslexie, mais avoir pu finalement compensé en partie son trouble par des stratégies d’imagerie mentale lui permettant de mieux retenir l’orthographe des mots.  Cette technique d’imagerie mentale avait décuplé ses capacités de mémorisation dans l’ensemble des domaines.

    Utilisant ce même principe d’associations d’images mentales, Matthieu Protin a inventé la méthode MULTIMALIN.  Il a rapidement testé cette méthode avec un petit groupe d’élèves en difficulté et fut satisfait de constater que ceux-ci avaient rattrapé avec aise leur retard.  Avec ce groupe d’élèves, il a peaufiné et enrichi sa méthode qui a ensuite été partagée avec l’ensemble de la classe.  Les autres élèves ont investi très favorablement cette méthode ludique, qui venait soutenir chez eux le plaisir d’apprendre.

    Repéré par un inspecteur de l’éducation nationale, Matthieu Protin a été recruté comme conseiller pédagogique TICE (technologie de l’information et de la communication pour l’enseignement).  Il a alors enrichi ses stratégies d’apprentissage, se servant toujours des associations d’images mentales, mais élargissant leur utilisation à l’apprentissage de l’orthographe, des règles grammaticales….  Lors de son poste de conseiller, il a transmis ses méthodes à de nombreux enseignants de son académie.  Actuellement, ses méthodes sont utilisées dans plus de 1500 écoles en France et par plus de 25 000 élèves.

     

    MULTIMALIN en pratique :

    • Une méthode basée sur l’imagerie mentale, permettant d’apprendre les tables de 3 à 9.
    • Chaque chiffre est associé à une image (le 7 est un plongeoir, le 8 un poisson etc).
    • Cette méthode peut être utilisée dès le CE1 lors de l’apprentissage des tables, et plus tard, pour rattraper ses lacunes ou consolider la mémorisation des tables.

     

     

    Quelques conseils et astuces de Matthieu Protin :

    Matthieu énonce 4 clefs pour mémoriser facilement et durablement :

    1. Transformer en images visuelles les éléments abstraits à retenir (les chiffres, les lettres muettes d’un mot …).
    2. Associer les images entre elles pour créer un lien de sens.
    3. Raconter une histoire à partir de ces images.
    4. Choisir des images mentales auxquelles des affects pourront être associés ou choisir des images surprenantes (renforce la mémorisation).

     

    D’autres méthodes se basant sur l’imagerie mentale existent :

    • les dictionnaires visuo-sémantiques pour l’apprentissage de l’orthographe des mots,
    • la méthode des alphas pour l’apprentissage de la lecture.

     

    Article rédigé par Camille Benoit.

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