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Mémoire à court terme et mémoire de travail : La « mémoire vive »

Cette mémoire ne retient les informations que pendant un temps très court (environ 30 secondes).  C’est la mémoire vive du cerveau qui permet de manipuler des informations et d’aller chercher les informations dans la mémoire à long terme.  Elle permet de retenir des informations tout en les manipulant (effectuer une opération de calcul mental, retenir un numéro de téléphone pour le composer).

Les capacités de mémoire à court terme et de mémoire de travail évoluent jusqu’à l’adolescence pour atteindre les performances adultes.  La capacité d’auto-répétition (dans sa tête pour retenir une informations) est acquise vers l’âge de 7 ans.

La mémoire de travail fait appel à deux systèmes de stockage : 

1. La mémoire à court-terme phonologique (pour retenir une information, on la répète dans sa tête).

2. La mémoire à court-terme visuo-spatiale (pour retenir un schéma par exemple ou un plan de ville).

Ces deux mémoires sont coordonnées par un administrateur central.  La mémoire de travail contient également un « buffer épisodique » ou espace de stockage qui récupère les informations utiles dans la mémoire à long terme.

Les capacités de mémoire à court-terme sont limitées : 7 +/- 2 éléments.  La mémoire de travail ne peut donc manipuler qu’un nombre limité d’unités d’informations en même temps.

Il est possible d’augmenter les capacités de mémoire de travail à l’aide des « chunks » : par exemple, pour retenir la liste de lettres C-F-O-C-E-D-M-S-N-O, il sera beaucoup plus facile de retenir SNCF + OMS + OCDE.  Ainsi, on n’a plus qu’à retenir 3 éléments au lieu de 10 éléments.  C’est le fameux « mais où est donc or-ni-car ».

Mémoire de travail et performances scolaires : 

D’après de nombreuses études, la mémoire de travail serait un meilleur prédicteur de la réussite scolaire que le QI (Alloway et Alloway, 2013).  La mémoire de travail est indispensable dans l’apprentissage de la lecture : associer un graphème (une lettre) à un phonème (un son), mémoriser la forme d’un mot, ainsi que les différents éléments d’une phrase pour la comprendre dans son ensemble.  La mémoire de travail et à court terme sont également nécessaires pour retenir les différentes étapes d’un exercice et dans le calcul mental (retenir les différentes éléments d’une opération de calcul mental : « 2 » « + » « 2 » …).

Trouble de la mémoire de travail :

10 % des enfants scolarisés présenteraient un trouble de la mémoire de travail (Gathercole et Alloway, 2008) avec un sex-ratio de 3 garçons pour 2 filles.

Ces élèves présentent les difficultés suivantes :

-Difficultés à effectuer plusieurs tâches en même temps : par ex, écrire et écouter en même temps (prendre des notes).

-Résoudre des problèmes à étapes.

-Difficulté à suivre des consignes longues ou complexes.

-Difficultés à restituer les connaissances.

-Difficultés en calcul mental.

Les troubles de la mémoire de travail sont souvent associé à un trouble des apprentissages (dyslexie, dyscalculie, dyspraxie, TDAH).

En pratique ? 

Une bonne hygiène de vie est essentielle à la mémoire !  Il est important de veiller à ce que l’élève ait un bon sommeil et une activité physique régulière.

Clefs pour le travail scolaire :

1. Ecrire les consignes d’un exercice sous forme de colonne avec une étape par ligne ou sur-ligner les mots-clefs de l’exercice : pour favoriser la compréhension de la consigne et repérer les étapes d’un exercice.

2. Apprendre les stratégies d’auto-répétition (répéter dans sa tête pour retenir) et d’imagerie mentale (se représenter mentalement les éléments à retenir) : favorise l’encodage de l’information.

3. Faire des liens entre les informations nouvelles et ce que l’élève sait déjà (Loi de Hebb : on retient plus facilement les éléments qui renvoient à des souvenirs ou éléments déjà appris).

4. Apprendre à regrouper les informations (chunks), à l’aide de moyens mnémotechniques ou en catégorisant les informations.

5. Faire des « to-do-lists » : noter les informations importantes permet de ne pas avoir à les retenir et permet ainsi de libérer de l’espace dans la mémoire de travail.

6. Organiser des routines pour rendre certaines choses automatiques (faire son cartable par exemple à un moment défini de la journée et dans un ordre précis).  Apprendre des routines permet d’automatiser des taches et de libérer ainsi la mémoire de travail (l’activité routinière devient automatique et implicite et ne nécessite plus que les étapes de la tâche à accomplir soient mémorisées).

Article rédigé par Camille Benoit.

Crédit image : Icon made by Freepik from www.flaticon.com

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